Histoire de Bonson et patrimoine

Généralités

L’antique village de Bonson qui domine la vallée du Var et une partie de son affluent, la Vésubie, est bâti sur une crête rocheuse à 495 m d’altitude.
 
A l’origine, il était naturellement niché dans un espace formé par des rocs arides et escarpés. Dominé par le château, construit à la place du cimetière actuel, il ne comprenait que les lieux appelés la Tour et le Passet.Ce site privilégié, par son panorama qui surplombe le lit sinueux du Var, jusqu’à la mer, ne pouvait autrefois être atteint que par une rampe tortueuse, creusée dans le flanc de la montagne, protégeant ainsi ses habitants des invasions et de la fureur des peuples barbares.Le long des siècles, Bonson verra son nom s’orthographier de façons différentes.Ce sera tout d’abord Buzonum, puis Bonsonum, Bausonum et enfin Bausson qui s’oppose à Baus Roux, signifiant en patois « petit escarpement ».
 
Par la suite, les déformations topographiques jouant, il deviendra successivement Baussone, Baussoni, Bauzoni, Bonsone, Bonso, Bonsson, qui pour finir, donnera Bonson.Ce village, qui a toujours appartenu au Comté de Nice, faisait partie du grand Diocèse de Glandèves – ville de la Plaine du Var située en amont d’Entrevaux – ce qui nous explique peut-être le nombre d’édifices religieux s’élevant sur la commune, ainsi que les richesses qu’ils contenaient.A partir du XIIIè siècle, la seigneurie de Bonson passe à plusieurs titulaires tels que les Liti, les Lascaris, les Chabaud et les De Gubernatis.
 
La population de Bonson, qui se trouve toujours sous le commandement de ses seigneurs, doit en permanence, se soumettre à leurs volontés, leurs humeurs, leurs besoins.Ce ne sera qu’au milieu du XIXè siècle, avec l’avènement d’une République durable, que les conditions de vie dans ce petit village, vont devenir plus agréables.De nombreux sinistres, tels que les tremblements de terre, dont celui du 23 février 1887, causeront d’importants dégâts et même des morts.
 
Les invasions de keïroun et autres insectes destructeurs de récoltes affaiblissent également la commune.Mais ses habitants, amateurs de fêtes et aimant le bon vin, oublient les heures noires et trouvent toujours un prétexte pour se réunir et se réjouir de ce que leur offrent les journées de liesse.

Quelques précisions

Des manuscrits de 1209mentionnent l’existence d’un château ainsi que l’octroi d’un droit de gué au commandeur des Hospitaliers de Saint de Jérusalem.En 1271, Guillaume Olivari acquiert les fiefs de Bonson et de Tourrette-Revest, qui, avant cette date, avaient appartenu aux seigneurs d’Ascros et de Glandèves (Entrevaux).
 
En 1293, Charles II Comte de Provence, donne la concession d’un bac à péage au baron Liti, seigneur de Bonson et de la Roquette.
 
Dans un acte d’avril 1380, nous apprenons que les Liti sont également seigneurs de Saint-Alban, de Dosfraires (ce village n’existe plus) et coseigneurs de Bouyon.
 
A partir de la dédition de 1388, Bonson est englobé dans les Terres-Neuves de Provence, dépendantes de la maison de Savoie, mais fait toujours partie du diocèse de Pierre Liti, seigneur de Saint Alban et de La Roquette.
 
En 1554, Pierre de Lascaris de Vintimille, coseigneur de La Brigue, épouse la fille de Pierre Liti, seigneur de Saint Alban et de la Roquette.
De ce fait, il reçoit les châteaux de Bonson, la Roquette,et d’une partie de Bouyon.A la fin du XVIème siècle et au cours du XVIIème, Bonson passe, toujours par mariage, aux Laugieri puis aux Chabaud de Tourette, avant d’être vendu en 1661, à Jean-Baptiste de Andreis de Sospel.
 
En 1860, les habitants votèrent pour le rattachement à la France.Références : « Bonson d’Hier » Béatrice Robert Editions des Auteurs de Provence

L’église
Elle se dresse au sommet du village, sa construction date du XI siècle et domine le confluent du Var et de la Vésubie.
Une des particularités de cette église est l’entrée, puisqu’elle se fait non pas face au maître-autel, mais à sa gauche face à l’autel des Ames du Purgatoire. L’autre est la quantités de retables que l’on peut y trouver.

Le retable de Saint Benoît

Ornant le maître-autel, il est divisé en dix compartiments sur deux niveaux, chaque compartiment contient un personnage, Saint Benoît, Sainte Catherine, Saint Sébastien, Saint Laurent, la Vierge de la Pitié, Sainte Agathe, Sainte Brigitte, Saint Michel, Sainte Apolline et Saint Jean-Baptiste.

Le retable de Saint Antoine Le Grand

Remarquable par la présence de Sainte Gertrude, la Sainte aux rats qui est préservée des souris, des rats et donc de la peste.

Le retable de Saint Jean Baptiste

Seule œuvre dont on connaisse l’auteur, puisqu’il s’agit d’Antoine Bréa, frère du célèbre Louis Bréa très connu dans la région pour ses œuvres qui ornent les églises et chapelles.

Chapelles et Oratoires

Toutes les traditions ont une origine religieuse et à Bonson, la place de la religion fut très importante, il suffit de faire le tour de la commune et de comptabiliser les chapelles et les oratoires, pas moins de neufs lieux de cultes plus l’église paroissiale.

La chapelle Saint Hospice

Elle fut entièrement restaurée, une messe y est toujours dite une fois par an. La coutume veut qu’après l’office, pour être protégés par le saint patron, les enfants doivent passer derrière l’autel accompagnés de leurs marraines, autrefois l’on venait de toute la région pour que les enfants empruntent  » Lou trau « .
 
Au moins deux fois par an, un pique nique géant est organisé par l’association La Pignata à Saint Hospice. C’est l’occasion de partager un moment de convivialité.

La chapelle Saint Antoine

Située sur la place Désiré-Scoffier la chapelle Saint Antoine a désormais deux fonctions selon la saison. Plus petite que l’église et plus conviviale, elle abrite les célébrations de messes durant l’hiver.
 
Les autres mois, elle est utilisée pour les manifestations culturelles et artistiques. Ainsi, elle abrite des expositions durant le Festival du Peu. Elle sert également lors des conférences bonsonnoises.

La chapelle du Passet

Elle fut construite par le révérend LUDOVIC AIMARDO qui le 4 mai 1704 lui léguait 16 messes par an. Elles devaient être célébrées mensuellement, plus une le jour de l’Immaculée Conception, une le jour de la Saint Antoine de Padoue, une pour la fête de Saint François d’Assise et la dernière le jour de Notre-Dame des Sept Douleurs.
 
Convertie en grenier à foin elle fut entièrement restaurée et dédiée aux Bonsonnois morts pour la Patrie, dont le monument se dresse à quelques pas.
Elle est également utilisée lors de manifestations artisitiques.

L’oratoire Saint André

En amont du village, il est aujourd’hui difficile à repérer puisqu’il est en ruine, trois messes devaient y être célébrées, la terre de l’Ubac servant de dote.

La chapelle Saint Jean

Elle recevait encore, il y a peu de temps, une procession pour la fête du saint patron. Elle abritait le retable de saint Jean-Baptiste d’ANTOINE BREA.

La chapelle Saint Roch

En suivant le même sentier qui se glisse au milieu des sapins, nous trouvons la chapelle saint Roch , d’après nos sources une des dernières messes y fut donnée en 1928.
 
Trois chapelles ont malheureusement aujourd’hui disparu.
Il s’agit de la chapelle Sainte Anne qui se dressait en aval du village, sur le vieux chemin qui conduisait les voyageurs du Pont Charles Albert à Bonson,
Il devait y être lues trois messes dans l’année.
Chemin faisant, se dressait au lieu dit « le champ d’oliviers », la chapelle Saint Joseph
Elle fut fondée le 2 mars 1675 par RAPHAËL et GASPARD MARTINY selon un acte reçu par le notaire Royal à BONSON, LOUIS AIMARDI ; quatre messes annuelles devaient y être célébrées dont une le jour de la St Joseph.
 
Il existait enfin, à côté de l’église Saint Benoît, la chapelle du Saint Rosaire.
Elle fut fondée le 26 juillet 1655 par le Très Révérent Père Jean Dalmas de la Trinité, religieux du couvent des Frères Prêcheurs de Thors, du Diocèse de Cavaillon dans le Comtat Venaissin. Suite à l’application de la loi de 1901 sur les congrégations, la confrérie fut dissoute et la chapelle désertée.

Patrimoine

Introduction

L’église Saint Benoît renferme une œuvre d’Antoine Brea. Si vous souhaitez connaître un peu mieux cet artiste et le courant dont il fait partie, vous pouvez lire ci-après.

La peinture médiévale des Alpes Méridionales

Elle fait appel à une iconographie religieuse. Tardive (mi XVè/ début XVIè), elle s’insère dans le courant du Gothique International. Elle utilise des “ clés ”, c’est-à-dire, des images, des couleurs, des objets qui peuvent paraître anodins ou très courants (par exemple : un chat endormi sous la chaise de sa maîtresse…) mais qui ont un sens caché, parfois même plusieurs, en rapport avec le thème général de la scène, ou avec l’un de ses personnages sacrés. Il est souvent délicat, voire difficile, de décrypter ces symboles, d’en trouver la “ clé ”.
 
A la fin du Moyen Age, en Europe occidentale, les arts figuratifs utilisent un vocabulaire, composé d’éléments symboliques, sans cesse perfectionné, permettant d’exprimer des pensées profondes, complexes, d’évoquer les grands textes sacrés, d’illustrer les principes et les structures de la société féodale. Ce langage continue d’être utilisé au XVIè et au début du XVIIè siècle. Il atteint même un véritable paroxysme aussi bien dans les pays germaniques (ex : Jérôme Bosch), qu’en Italie (ex : Vittorio Carpaccio). Mais, conçu par des théologiens et des humanistes familiers des textes antiques et des œuvres de prédication, il connaît un déclin. “ L’honnête homme ” du XVIIè siècle ne le comprend plus tout à fait. Les préoccupations changent, les formes de pensée ne sont plus les mêmes, la logique scientifique connaît une évolution nouvelle. Ce langage devient rapidement inintelligible.
 
Dèjà au XVIIIè, puis au XIXè siècle, des traités tentent de l’expliquer. Mais souvent ces recherches menées sans méthode, aboutissent à des erreurs qui ont encore renforcé l’obscurité apparente des images. Depuis une quarantaine d’années, des études parfois très ponctuelles sur les couleurs, les emblèmes (ex Michel Pastoureau “ une histoire symbolique du Moyen Age occidental) ont permis de retrouver, en partie, le sens des images grâce à un patient et prudent “ retour aux sources ”.

Les primitifs niçois

Une précision s’impose à propos du terme “ primitif ” : cela ne signifie absolument pas qu’une œuvre puisse être archaïque tant dans son inspiration que dans sa forme : un artiste est dit “ primitif ” parce que son œuvre est exécutée avant la “ grande époque ” : la Renaissance.
Jacques Durandi est un peintre né à Nice vers 1410, mort à Nice vers 1469.
 
Il a travaillé avec son frère Christophe. Ses voyages lui ont permis de rencontrer de nombreux artistes provençaux et avignonnais. C’est un contemporain de Jean Miralhet. On lui attribue certaines œuvres dont le polyptyque de saint Benoît dans l’église de Bonson, qu’il aurait peint vers 1455.
Ludovico Brea naît dans une famille d’artisans installée à Nice (originaire de Montalto Ligure) puis épouse Antonietta Calholi.
 
Il est le premier à sortir des codes traditionnels du gothique pour faire entrer, par son influence, toute la région dans la voie de la Renaissance. On lui doit essentiellement des œuvres religieuses monumentales (fresques, retables, polyptyques) présentant une étonnante finesse dans les détails et fondatrices d’un style et d’une école. Il a joui de son vivant d’une grande réputation et reste une référence incontournable dans l’art religieux des XVe et XVIe siècles. Sa première œuvre conservée, la Pietà, a été achevée le 25 juin 1475. On peut l’admirer au monastère franciscain de Cimiez (Nice) qui abrite aussi la Crucifixion et la Déposition de Croix. Sa notoriété grandissant, il travaille en 1490 pour Giuliano della Rovere, futur pape Jules II.
 
Actif de 1475 à 1516, ses nombreux retables révèlent les influences lombarde et flamande et on trouve ses œuvres à Nice, Lieuche, Taggia (Italie), Monaco, Savone (Italie), Gênes (Italie), Beuil, Montalto (Italie).

Antoine Brea

On conserve d’Antoine Brea, frère de Louis, de nombreux rétables, un “ Saint Antoine Erminte ” au Palazzo bianco de Gênes, un “ Saint Michel ” de 1516 et une “ Vierge et l’enfant ” de 1518, à l’église de Diano Borello, ainsi que des tableaux qui se trouvent dans les villages du Comté de Nice, probablement de lui, comme la “ Déposition de Croix ” de Villars sur Var et le “ Saint Jean Baptiste ” de Bonson.

La route des Brea
Le Conseil général des Alpes-Maritimes, partenaire de la région Ligurie et du cercle BREA, propose de suivre un véritable parcours initiatique de l’art sacré sur les chemins de l’ancien Comté de Nice et de la Ligurie du Ponant.
 
Chacune des stations présentées sera l’occasion de découvrir des œuvres exceptionnelles dites des “ primitifs ” parmi lesquelles celles de la famille de peintres Bréa dont le plus célèbre est Louis.Souvent cachés, ces trésors constituent un patrimoine religieux unique par son empreinte spirituelle, intellectuelle et esthétique.
 
En effet, le Comté de Nice et les régions avoisinantes conservent un grand nombre Douvres précieuses des peintres du XVème siècle et de la première moitié du XVIème, dont certains furent de véritables précurseurs de la Renaissance. De 1430 à l’affirmation de l’art baroque, ces œuvres couvrent plus d’un siècle, qui fut un véritable âge d’or.
 
La route des Bréa passe par Bonson.
Pour en savoir plus sur la route des Brea :
Le Cercle Brea – 32 rue Droite – 06300 Nice – tel : 04 93 27 27 01
cerclebreanice@yahoo.fr
www.cercle.brea.com

Le Musée du Peu

 
A travers l’événement culturel du Festival du Peu, le village de Bonson a acquis d’année en année une collection d’œuvres d’art qui commence à être particulièrement riche.En effet, certains artistes, venus exposer au village, ont souhaité faire don à la mairie d’une de leurs œuvres.D’autres artistes niçois, et non des moindres, ont voulu témoigner leur soutien à cette manifestation culturelle atypique dans un si petit village et ont également fait don de l’une de leurs œuvres.
 
La mairie vient de réhabiliter une maison près de la place de la mairie et le rez-de-chaussée a été transformé en “ Musée du Peu ”.
Ce très petit musée est en fait un espace muséal, dans lequel sont organisés différentes manifestations. Bien plus qu’un simple musée, il est un véritable lieu de rencontres et de vie, tourné entièrement vers la population.
 
Sont exposées dans ce musée des œuvres de Sosno, Ben, Jean Mas, Patrick Schumacher…. A compléter
Mais y est surtout exposée l’œuvre collective des Bonsonnois, les Peu.
 
Rappelons que l’année de création du Festival, sur une idée de Jean Mas, la mairie avait fait confectionné par Marius Giacobi, aujourd’hui disparu, des “ Peu ” en bois qui avaient été distribués à toute la population.
 L’idée était de décorer ces Peu selon les goûts et envies de chacun. Cette initiative a connu un succès sans précédent et c’est aujourd’hui plus de 400 Peu qui peuvent être admirés dans le musée (compte tenu de l’exiguïté du Musée, les Peu ne sont pas tous exposés en même temps).

L’olivaie

Le territoire de Bonson est un pays d’olivier à part entière. L’olivaie recouvre de grands flancs de collines, à tel point qu’il est difficile de se retourner sur un point sans voir un olivier. L’oléiculture pratiquée ici est une pratique ancestrale. Les oliviers de la variété Cailletier, dite Olive de Nice, sont complantés sur des restanques de pierres sèches issues d’un travail magistral de nos anciens.
 
Ici, chaque parcelle de terre a été gagnée à la force des bras, chaque pierre, une par une, a été retournée pour lui trouver la place idéale.Cette typicité de l’oléiculture bonsonnoise rentre dans le cadre plus vaste de l’oléiculture Niçoise en générale, c’est-à-dire à une conjugaison parfaite de la montagne et de la Méditerranée. Le cadre original de cette oléiculture se verra bientôt récompensé par une Appellation d’Origine Contrôlée  » Olive de nice  » qui protégera les produits qui en sont issus : l’huile, les olives et la pâte d’olive.
 
Issue exclusivement de la variété Cailletier, l’huile d’olive fabriquée à Bonson possède des caractères typiques.Avec des olives de début de saison c’est-à-dire gaulées à la véraison, on obtiendra des huiles aux arômes délicats d’amande fraîche, voire parfois d’artichaut cru. En revanche, plus on avancera en saison, plus les arômes évolueront plutôt vers de la noisette, des fruits secs voire du foin sec.On notera également, que de par sa situation privilégiée, on ne traite pas à outrance les oliviers à Bonson. L’agriculture raisonnée est saine, garante de produits de qualité.
 
Bref, toutes les qualités sont réunies sur Bonson pour produire bien et bon.

Caractéristiques des huiles d’olive

Les olives du Cailletier se prêtent très bien à la confiserie, leur préparation est dite « au naturel », puisqu’on utilise uniquement de l’eau et du sel. Après les opérations de calibrage, les olives qui doivent être sainement lisses, sont plongées dans une saumure à 10 % de sel, c’est-à-dire 100 grs de sel pour 1 litre d’eau. Au bout de 3 mois, les premières peuvent être dégustées, pour ceux qui les aiment un peu amères. La chair très fine, craquante ne doit pas laisser qu’un goût de sel dans la bouche.

La pâte d’olive

C’est la conjugaison parfaite de l’huile et des olives. Les olives salées comme indiqué précédemment, avec un minimum de mise en saumure de 6 mois, sont broyées finement sans leur noyau.
On y rajoute 7 % d’huile d’olive et on obtient ainsi un produit qualifié souvent de  » caviar niçois « .

Les archives

Vous trouverez ci-dessous, la liste des archives versées et disponibles aux archives départementales des Alpes-Maritimes.

Archives de Bonson_dsiponibles aux Archives Départementales 06